J’aurais pu être une personne toxique

Depuis quelques temps, je vois fleurir sur la toile des articles sur les personnes toxiques : comment les reconnaitre, les éviter, s’en protéger. Et en lisant tous ces articles, j’ai réalisé que j’aurais pu être une personne toxique. Certaines descriptions ont fait écho à des situations que j’ai vécues, où j’ai reconnu dans la personne toxique à éviter certains comportements que j’ai pu avoir vis à vis de personnes de mon passé. Autant vous dire que j’ai mis du temps, beaucoup de temps, avant d’écrire ce billet.

J’ai repensé à toutes ces situations où j’avais joué de la culpabilité et étais rentrée dans des colères noires frauduleusement drapées de vertu ; à cette place de victime que j’ai si souvent occupé ; à cette «  »force » » (oui, doubles guillemets, il faut bien ça) que me procurait la capitulation, l’affrontement et le rejet ; à ces années passées à avoir tant d’ennemi.e.s ; à cette vie de colère constante… Et j’ai voulu comprendre.

Toxique

Pourquoi aurais-je pu devenir une personne réellement toxique ? Je ne prétends pas avoir une réponse figée dans le marbre, mais seulement des pistes de réponses. Certainement que les violences physiques et psychologiques de mon enfance y sont pour beaucoup, surtout que ces violences n’étaient pas discrètes mais personne n’a jamais réagi pour nous protéger. Et quand on voit le monde ne pas se préoccuper de vous, non seulement on grandit sans se préoccuper du monde, mais en plus on grandit avec cette sensation déformée que le monde vous doit quelque chose (réparation pour l’enfance bafouée ? les années d’innocence perdues dans l’indifférence générale ?).
Ensuite j’ai mis beaucoup, beaucoup, beaucoup (trop) de temps à me sortir de ces émotions négatives. Le soucis quand on est dans ce genre de spirale, c’est qu’il est dur de s’en sortir. Ca s’apparente à un genre de dépression : je vais mal > je fais du mal > je vais mal > je fais du mal > etc. Ca m’a demandé du temps, une grosse remise en question, une coupure totale avec mon passé, de la volonté et les bonnes personnes à mes côtés (je dirais même LA bonne personne) pour comprendre que je pouvais me détacher de tout ça et à tendre vers une vie plus sereine.

Vous le savez, la bienveillance éducative est primordiale dans ma vie et c’est un défi au quotidien. Et plus je me documente, plus je lis sur les conséquences de la VEO, de la maltraitance, plus je comprends ce qui m’a façonnée et j’arrive à cicatriser le passé. J’apprends, en même temps que j’apprends à Crapouillou, à gérer mes émotions, à rester bienveillante en toutes circonstances, à trouver des solutions aux problèmes, à écouter pour apprendre et non pour répondre, à apprécier les gens pour ce qu’ils sont, à être force de propositions et de solutions au lieu de subir les évènements…

J’ai encore de la route devant moi. Un jour, je trouverais peut être le courage de dire aux personnes à qui j’ai fait du mal que je suis désolée et que jamais leurs actions n’ont méritées telles réactions. Et que durant nos litiges, j’aurais du prendre le temps de les écouter, de me remettre en question, de proposer des solutions amiables ou encore de couper court à toutes interactions, n’étant pas capable de me contenir.

Pour l’instant malheureusement, je n’ai pas cette force, car je lutte encore avec moi même pour me défaire du passé, tous les « noeuds » n’étant pas résolus.

Un jour pourtant, je le sais, j’y arriverai.

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