Quand mon corps a eu raison de mon esprit

Reprendre le travail après la naissance de son tout petit, c’est dur. C’est dur, mais on le fait faute de moyens (non, le fantasme du loto ne passera pas par moi, je sais qu’il faut se lever tôt pour gagner sa vie). Pour ma part, quand j’ai repris, il y avait un gros enjeu : l’embauche définitive.

Alors je me suis investie, je n’ai pas compté mes heures et j’ai retroussé mes manches.
Et ça a marché.
A moi l’embauche définitive!

Et suite à cette embauche, voilà que je suis envoyée loin de chez moi.
2h de train
50 min de marche
30 min de métro
Le tout x2.
Et voilà mon trajet quotidien pour aller travailler.

Crapouillou fait la plus grand amplitude horaire autorisée par la loi chez son assistante maternelle. J’ai arrêté de laisser le travail déborder sur la vie de famille (en même temps, 4 heures de train par jour pour travailler, ça aide, c’est bien le seul côté positif). Premier jour sur mon nouveau lieu de travail, mes collègues, bien que chaleureux, avaient été très directs :

Tu n’es pas la première à nous venir d’aussi loin et tous les collègues avant toi ont explosé en plein vol avant la Toussaint.

Mais moi je n’exploserai pas. Je tiendrai. Parce que je travaille dans le train. Parce que je repasse enfin à temps plein et, par conséquence, à plein salaire. Parce que je vais bien cloisonner. Et puis la marche c’est bon pour la santé. Et le temps de trajet sera du temps de bureau étendu où je pourrais finir de faire ce que j’ai à faire et préparer le lendemain. Et puis ils ont explosé en plein vol parce qu’ils n’avaient peut être pas vécu plus dur avant. Moi j’ai repris 2 mois après mon accouchement, j’ai maintenu mon allaitement, j’ai sacrifié un bout de ma vie de famille, j’ai eu des déboires avec l’ancienne nounou, j’ai eu un cadre de travail difficile…

Non. Je ne craquerai pas. Pas moi.

Et puis petit à petit …
au lit de plus en plus tôt
un sommeil de moins en moins réparateur
et puis cette cheville qui me fait mal
de plus en plus de mal à émerger le matin
de moins en moins de patience avec Crapouillou
et puis ce genou qui coince
de moins en moins de tendresse envers PapaCrapouille
de plus en plus de problème à me concentrer dans le train
et puis cette hanche que je ne peux appuyer nulle part sans douleur
de moins en moins enjouée
de plus en plus renfrognée
et puis un matin, je n’ai pas réussi à me lever.

Le dos complètement bloqué, je n’ai même pas pu prendre Crapouillou dans mes bras pour notre câlin du matin. J’ai pris un antalgique, un anti-inflammatoire, un décontractant musculaire mais rien n’y faisait. Deux jours et deux rendez-vous plus tard (otséopathe et médecin) j’étais arrêtée.

Notre corps a des limites, et je n’ai pas voulu les écouter. Quand ma cheville a commencé à me faire mal, j’ai troqué mes ballerines contre des baskets. Quand mon genou a commencé à me faire mal, j’ai mis des pantalons plus amples. Quand ma hanche a commencé à me faire mal, j’ai pris des bains bien chauds. Et à force de ne pas vouloir m’écouter, pour être plus forte que les autres avant moi, mon corps a dit stop une bonne fois pour toute.

Mon médecin me dit que je ne peux pas continuer à ce rythme.

Rendez-vous compte : 6h de trajets par jour. 1/4 de votre journée en trajets! Ce n’est pas possible Madame Jeunemamanépanouie ! Vous ne pouvez pas continuer à ce rythme!

Et elle avait raison. Une fois arrêtée, mon corps a complètement lâché et j’ai TOUT attrapé : rhino, gastro, grippe, bronchite … Mon corps a dit STOP et je recommence tout doucement à retrouver un équilibre physique avec des objectifs simples : retrouver le sommeil, reprendre du poids et, potentiellement, me réorienté professionnellement.

A suivre …

5 réflexions sur “Quand mon corps a eu raison de mon esprit

  1. CompletementNad dit :

    Waouh!! Mais on t’a envoyé ou pour faire autant de trajet?? Il a raison ton médecin, c’est de la folie ce rythme infernal. Je comprends qu’il faut travailler qu’on a pas le choix mais la c’est vraiment difficile car en plus du trajet il y a le boulot et la vie de famille.
    Pas étonnant que ton corps a lâché prise.

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  2. Maman mod'elle dit :

    Je suis touchée par cette histoire. Commerçante ne comptant pas mes heures, ni pendant ma grossesse ni à la reprise, j’ai l’impression qu’on m’a volé quelque chose et j’ai le corps à deux doigts d’exploser ! Je dirai (et peut-être que je l’écrirai… quand mon coeur et mon corps ont eu raison de mon esprit !

    Aimé par 1 personne

    • epanouieoupresque dit :

      Une jolie phrase de mon médecin : « Les gens s’arrêtent volontiers pour une jambe cassée, mais ils oublient que l’âme aussi peut se casser »
      J’espère que tu n’en arriveras pas à mon stade, que tu sauras être plus intelligente que je ne l’ai été. Courage ❤

      Aimé par 1 personne

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