PapaCrapouille, mes seins et moi!

Parce que je ne suis pas que maman, il a fallu trouver un équilibre dans notre intimité avec l’allaitement. Et je dois vous avouer qu’on chercher encore! Ahah!

Mes seins

Eux qui ont toujours été petits, mignons, discrets,
Eux qui m’ont permis de me passer du carcan des soutien-gorges,
Eux qui ont été jalousée par les opulentes mais trop lourdes poitrines,
Eux qui ont poussé un beau matin et ce sont arrêtés là (85B bonjour!)
Eux qui frémissaient sous la moindre caresse,
Eux que j’adorais masser avec du beurre de karité après un bon bain
Eux qui pointais effrontément sous mes petits débardeurs en coton
Eux que j’ai appris à aimer, à adorer!

Ils sont aujourd’hui énormes! Enfin du moins à mes yeux. Passer d’un 85B à un 90D, ça fait un choc! Et encore, maintenant ils ont un volume de forme (j’vous explique pas la montée de lait le lendemain de la naissance de Crapouillou, j’ai cru qu’ils allaient exploser! Ahah!)
Du coup, avec le poids du lait, j’ai re-découvert la torture joie des soutien-gorges. Tant et si bien qu’au bout d’une journée en soutien-gorge d’allaitement je me suis ruée sur l’internet pour trouver mon sein graal : la brassière d’allaitement!

Bref, mes seins ont passé quelques mois à n’avoir, pour moi, plus rien d’érotique. Le seul « plaisir » qu’ils me procuraient était de se vider lors des tétées ou du tire-lait. Les seules caresses que je supportais étaient celles de Crapouillou pendant la tétée. Et j’évitais soigneusement de les masser avant, pendant ou après la douche (bye bye les bains!) de peur qu’ils ne se mettent à ruisseler!

PapaCrapouille face à mes seins

En revanche PapaCrapouille raffole de cette nouveauté : ils les trouvaient magnifiques, superbes, extraordinaires, merveilleux… jusqu’au jour où, lors d’un câlin, il s’est aventuré à les prendre à pleine main. Et là, la déception : mes seins étaient durs, pas du tout maléable et en plus ce n’était pas agréable pour moi.

Donc même si PapaCrapouille apprécie toujours l’esthétique que l’allaitement leur donne, il préfère nettement faire des câlins après que j’ai tiré mon lait (et moi aussi!).

Les nouvelles zones érogènes

Quand LA zone érogène de prédilection est ainsi bouleversée (voire anesthésiée) que fait-on ? Et bien on en cherche des nouvelles! On explore, on se redécouvre, seule ou à deux, on tente des choses (qui parfois nous font bien rire).

Et oui, ce n’est pas parce que le périnée et les seins en ont pris un coup avec la grossesse et l’allaitement que toute vie sexuelle est morte! Et se redécouvrir, seule ou à deux, c’est un nouveau jeu qui relance l’air de rien une bonne dose de piment dans le couple et qui permet de développer la communication : dire quand ça ne va pas, dire quand ça va, partager les idées, les envies, essayer, rater, recommencer, changer… Honnêtement, la sexualité après bébé me faisait très peur. Mais ça, c’est parce qu’on nous donne à voir/lire/écouter des témoignages négatifs! Si j’avais su que la sexualité après bébé serait comme une seconde adolescence, je pense que je me serais fait moins de noeuds au cerveau pendant la grossesse.

Parce qu’être une jeune maman épanouie (ou presque!) ça passe par redécouvrir son corps, seule ou à deux!

PapaCrapouille, cet homme ordonné

Quand nous étions étudiants, nous étions des clichés de genre inversé!

Lui ordonné, rangé, organisé, soigné, élégant.

Moi bordélique, bordélique, bordélique, bordélique, soignée, élégante (ouais quand même, faut pas pousser mémé, j’aimais bien prendre soin de moi dans ma joyeuse pagaille)

Je pensais qu’en vivant ensemble il déteindrait un peu sur moi. Ahaha!
Je pensais qu’en devenant maman, je « grandirais » un peu. Re-Ahaha!

Du coup PapaCrapouille a du s’adapter à la joyeuse pagaille de sa femme. A longueur de journée il entend des « Chéri, t’as pas vu mon téléphone? », des « Chéri, c’était quand la dernière couche? » ou encore des « Chéri, les affaires par terre elles sont à laver s’te plait! »
Vous l’aurez compris, j’ai un homme dit moderne à la maison : non seulement il ne rechigne pas aux corvées ménagères mais en plus il est patient avec moi et me trouve des astuces pour m’aider à m’organiser.

Ainsi, il a acheté deux panières à linge (un moins de 40° et l’autre + de 40°), m’a laissé le dressing que nous avions conçu se contentant d’une petite commode pour ses affaires, a accepté de se plier à mon menu par semaine pour les repas, va chercher les courses au drive toutes les semaines, prend l’initiative de promener Crapouillou pour que j’abatte le travail que j’ai ramené à la maison…

Bref, sans PapaCrapouille dans ma vie, je ne sais pas comment je m’en sortirais au quotidien! Et l’air de rien, depuis le temps que nous sommes ensemble, je suis (lentement mais sûrement!) de plus en plus organisée 🙂

Parce qu’être une jeune maman épanouie (ou presque!) ça passe aussi par avoir un compagnon compréhensif à ses côtés

Cette thérapie de couple qui m’a révélée à moi-même

Comme vous le savez, nous avons commencé une thérapie de couple suite à la naissance de Crapouillou et à un incident survenu alors que nous essayions de retrouver une intimité.

Je savais que nous allions recoller les morceaux, que nous allions mettre les compteurs à zéro, que nous apprendrions à mieux communiquer, que nous nous retrouverions. Ce que je ne savais pas, c’est que j’allais apprendre des choses sur moi.

Et je dois saluer ici la compétence de notre thérapeute qui a su aller chercher au fond de moi des choses qui étaient tellement bien enfouies que j’ignorais leur existence. Et ces choses étaient enfouies profondément car mon esprit avait décidé de les occulter pour pouvoir grandir et avancer dans la vie. Toutefois, même si ces souvenirs étaient rangés dans un coffre fort ultra sécurisé, ils étaient toujours là dans un coin de mon cerveau et me rongeait intérieurement depuis des années.

Ca m’aura pris 20 ans pour mettre des mots sur mes maux, mais depuis cette fameuse séance (qui s’est soldé par une soirée de larmes et 2 jours de jeûne involontaire tellement j’étais retournée) je me gère mieux : je suis moins à fleur de peau, j’arrive mieux à expliquer certains mal-êtres sans agressivité, je suis plus proche de Papa Crapouille qui me comprend mieux (lui aussi a été assez bouleversé), nous savons maintenant pourquoi je suis surprotectrice avec Crapouillou.

La contrepartie de cette ‘révélation’, de cette libération, c’est que j’ai aussi pris conscience de tout ce que j’ai pu faire de mal à cause de ces souvenirs enfouis qui me rongeaient. Ma colère contre tou-te-s mes ancien-ne-s ami-e-s s’est évaporée d’un coup. Du même coup j’ai réussi à pardonner à ceux-celles qui m’avait blessée. Cependant je n’arrive pas à me pardonner moi d’avoir pu blesser des personnes comme j’ai pu le faire. Même si maintenant j’en connais la source, j’ai trouvé l’explication de mes comportements destructeurs envers les autres, expliquer n’excuse pas.
Et autant pardonner aux autres a été facile une fois les maux expliqués, autant se pardonner à soi-même est une autre paire de manche …

Bref, cette thérapie de couple est quand même salvatrice. Au delà d’avoir sauvé mon couple, je pense qu’elle m’a sauvée moi. Maintenant il va falloir que j’apprenne à me pardonner et à laisser de côté mes automatismes destructeurs d’enfant blessé.

Parce qu’être une jeune maman épanouie (ou presque!) ça passe aussi par mettre des mots sur les maux du passé.

Notre thérapie de couple

Ca fait maintenant deux mois que nous la suivons, je peux donc aborder le sujet avec un minimum de recul.

Comme je l’avais expliqué, avec PapaCrapouille, nous avons vécu des retrouvailles ratées qui nous ont heurtés à tel point que nous avons envisagé de nous séparer pour de bon. Seulement pour se séparer, il nous aurait fallu ne plus nous aimer. Ce qui n’était pas le cas. Nous nous étions juste blessés.

Sans enfants, nous aurions pris le temps de régler les choses par nous-même. Mais avec Crapouillou, nous ne voulions pas laisser ça traîner. Ou pire encore : prendre le risque de récidiver!

Nous avons donc, grâce à un ami, pris contact avec une thérapeute de couple.

Et grands dieux croyez moi, les séances ont tout d’un bon film français : la psychothérapeute totalement embourgeoisée qui nous demande constamment ce qu’on ressent face aux dires de l’autre, les silences pesants qui durent et qui veulent dire beaucoup, les phrases profondes sur les ratés de nos enfances, les regards silencieux et les frôlages de mains pour se réconforter … Bref, si les séances étaient filmées, je suis certaine que ça ferait un film primé à Cannes! XD

Cependant, une fois passé ce ridicule qui n’en est pas, on se rend compte d’une chose : ça marche.

La thérapeute sait quand poser la question de nos émotions face à ce que dit l’autre. Ses interventions sont toujours pertinentes. Nos silences prolongés permettent à l’autre d’encaisser tout ce qui s’est dit. Nous élucidons plein de choses de notre enfance et nous comprenons beaucoup sur nous-mêmes ce qui nous fait avance dans notre relation à l’autre. Ces mains qui se frôlent ont été les prémices d’un retour au contact physique serein (non, on n’a pas encore retenté les câlins, mais maintenant je peux me blottir dans ses bras sans craintes)

Donc pour nous, la thérapie de couple, ça marche.

Tellement bien que les soirs de rdv sont devenus nos soirs en amoureux. On prolonge la séance par un ciné, un restau, un pub, une balade… Ca dépend de notre fatigue, de la météo, de nos envies.

 

Alors attention, je ne dis pas que ça marche pour tout le monde. Il faut le vouloir à deux, être prêt à écouter l’autre, à entendre ce qu’il a dire, à reconnaitre ses torts, à demander pardon, à comprendre des choses qu’on aurait préféré continuer d’ignorer, à se remettre en question… Bref, il faut vouloir s’ouvrir à l’autre et sauver son couple.
Je pense aussi qu’il faut encore être amoureux. Je ne vois pas comment une thérapie de couple pourrait marcher s’il n’y avait plus d’amour au sein du couple. Et qui dit s’aimer, dit être exclusif. Une thérapie de couple ne peut marcher qu’à deux.

J’avais, je vous l’avoue, un peu peur au début de cette thérapie. Peur de tout remettre en question. Peur de réaliser que j’avais raté ma vie. Peur de constater qu’à presque 30 ans je n’avais toujours rien compris à l’amour, au couple. Peur de me rendre compte que dans le fond je n’aimais peut être pas PapaCrapouille… Bref, j’étais morte de trouille que ça fasse basculer ma vie dans un cauchemar absolu.

Et c’est tout le contraire.

Avec cette thérapie, j’ai découvert que j’étais forte, que notre couple était fait pour durer, que nous avions tellement du grandir vite à cause de nos histoires personnelles respectives, que nous étions déjà très avancé dans notre jeune relation (4 ans que nous sommes ensemble tout juste). Nous avons découvert le noeud du problème et travaillons a le démêler avec bienveillance, sérénité et patience (chose dont je me croyais incapable jusqu’alors).

Alors voilà : il ne faut jamais perdre espoir.

Je ne regrette pas d’avoir demandé de l’aide pour nous aider à nous parler à un moment de notre histoire où la communication avait été rompue et où ne savions pas comment la reprendre.

A voir dans le temps si on arrive à panser toutes nos blessures.

Mais aujourd’hui moi j’y crois, j’en suis sûre : on s’en sortira.

« A tout à l’heure. Je t’aime »

Vous avez remarqué ces petites marques d’affection au quotidien tellement présentes qu’on n’y fait presque plus attention ?
Elles ponctuent quasi automatiquement nos phrases, un peu comme « Comment ça va? » vient systématiquement après « Bonjour ». Et bien depuis notre baby clash, ces automatismes de couple avaient disparu. Totalement.

Quand nous avons à nouveau réussi à retrouver des sentiments apaisés l’un vers l’autre, nos « Je t’aime » sont redevenus timides, rares, exceptionnels. Et quelque part un peu sacrés.

Cette spontanéité, cet automatisme, ce repère dans la vie quotidienne, signe que tout va bien, me manquait. Mais je ne le savais pas encore.

Ce week-end mon homme, occupé sur un chantier, m’appelle pour me dire qu’il va rentrer manger. Comme j’ai été occupée toutes la matinée par mon boulot, je n’ai pas pu faire nos courses hebdomadaires. Nous nous sommes donc mis d’accord sur des sushis (qui m’ont taaaaant manqué pendant ma grossesse!). Et en raccrochant, j’ai sorti un spontané : « A tout à l’heure. Je t’aime ».

Et j’ai entendu PapaCrapouille sourire au téléphone.

Je sais qu’il a relevé ce « je t’aime » automatique.

J’ai entendu son bonheur quand il a répond « A tout de suite. Moi aussi. »