Maman doute de tout

Je n’ai pas le temps de bloguer. Ou plutôt je ne le prends pas. Tellement de choses se passent en ce moment. J’ai tellement la rage de vivre que je me noie dans le travail, dans les projets, dans les sorties, dans les évènements qui me tiennent à coeur.
Cette fureur de vivre et de profiter de chaque instant est incompatible avec moi assises au pc en train de bloguer.
Mais je sais qu’il faut que je me calme, que je prenne le temps de respirer, de me poser, de me pauser. Alors je reprends mon clavier, et je reviens.

Crapouillou joue sur son tapis. Il rampe bien maintenant, il faut que je le surveille assidument, faut de quoi je le retrouve dans la cuisine en train de mordre à pleines gencives mes chaussons (true story!). Toujours allaité, mon petit bébé grandit et s’épanouit.

Souvent je doute de mes compétences de maman.

Est-ce que je m’occupe assez de lui ?
Est-ce que je ne m’occupe pas trop de lui ?
Est-ce que l’eau du bien est assez chaude ?
Est-ce qu’elle n’est pas trop froide ?
Est-ce qu’il voit assez de monde ?
Est-ce qu’il ne voit pas trop de monde ?
Est-ce que je ne le couve pas trop ?
Est-ce que je le protège suffisamment ?
Est-ce qu’il est heureux ?

La moindre réflexion, aussi bienveillante soit-elle, m’ébranle. Je fais mine d’être sûre de moi, mais intérieurement c’est le chaos. Et tous les jours, je remets de l’ordre dans ce chaos de maman-qui-pense-trop. Et tous les soirs je m’interroge sur la journée qu’a passé mon Crapouillou.

Et puis, viennent ce petits moments de plénitude, ces petits riens qui réchauffent le coeur d’une maman qui doute. Ces petites pauses hors de temps que je souhaite à chaque maman de ressentir.

Crapouillou rampe.
Crapouille bafouille des syllabes.
Crapouillou mange avec appétit.
Crapouillou rit aux éclats au jeu du coucou-caché.
Crapouillou découvre la musique.
Crapouillou éclabousse tout lors du bain.
Crapouillou câline en tétant.
Crapouillou s’endort paisiblement.

Bref, Crapouillou à lui tout seul soulève la montagne de doutes d’une maman-qui-pense-trop ❤

La vie, la mort, et Crapouillou

Lundi je vous écrivais un billet pour vous évoquer la maladie de l’homme qui a été pour moi la figure paternelle la plus équilibrée de toute ma vie. Et bien il est parti dans cette même journée. Il s’en est allé sans souffrir, grâce à une équipe médicale humaine, attentionnée et compatissante (chose assez rare de nos jours pour que je le souligne)

Vendredi, ce sont les funérailles. Pour moi ça ne faisait aucun doute : j’irai, avec mon Crapouillou, dire au revoir à cet homme qui laisse un vide immense dans ma vie.

(cc) Martin Fisch

(cc) Martin Fisch

Seulement ce n’est pas de l’avis de mon entourage.

Vous n’êtes sans doute pas étranger.e.s au fait qu’avoir un enfant, c’est la porte ouverte à tout typer d’intrusions dans votre vie de famille, du bon conseil mal placé (mais bien intentionné) de bel-maman aux reproches ouverts de certains proches en passant souvent par le jugement des inconnus. Et bien cette fois-ci c’est venue de ma mère qui est choquée que j’amène Crapouillou à un enterrement.

Ses arguments

Ca va être une longue journée pour lui.
Il va ressentir la tristesse autour de lui.
Ca va le traumatiser.
Ce n’est pas la place d’un bébé de 8 mois.
Je suis égoïste de vouloir l’amener.
Ca la blesse que je ne respecte pas sa volonté en tant que grand-mère.

Mes réponses

Ca va être une longue journée pour lui.
Oui c’est vrai, je ne peux pas le nier. Mais des longues journées il en a déjà vécues. Notamment quand je suis allée garder mon neveu à la mort de sa grand-mère parce que ses parents s’étaient absentés pour les obsèques. Non seulement je ne pouvais pas m’occuper de mon Crapouillou, mais en plus il fallait que je gère mon neveu à qui on avait présenté les choses de manière évasive. Donc gérer un loulou de 7 ans, qui pose tout plein de question sur sa mamie et sur la mort (auxquelles on m’a formellement interdit de répondre) c’était long pour Crapouillou que j’ai du délaisser. Et là, ça ne posait à priori pas de problème à MamieCrapouille que Crapouillou passe une longue journée.

Il va ressentir la tristesse autour de lui.
Il a déjà ressenti ma tristesse, ma douleur, mon désarroi. Je lui ai déjà tout expliqué. Et même s’il ressent la peine des autres, il sera contre sa maman pour se rassurer.

Ca va le traumatiser.
Je pense que s’il avait du être traumatisé, il l’aurait été par mes pleurs et ma douleur lorsqu’on m’a appelée pour m’apprendre le décès. Or il a bien dormi le soir même, il n’a pas sauté de tétées, de repas, de sieste. Bref, il continue à mener sa vie de petit Crapouillou.

Ce n’est pas la place d’un bébé de 8 mois.
Il me semble qu’au contraire, c’est sa place. Je vais aux funérailles, PapaCrapouille ne peut pas se libérer. A qui faudrait-il que je le confie en attendant que la journée passe ? A la halte garderie ? A la voisine ? Personne ne peut me le garder ce jour là. Il me semble que sa place est avec sa maman, et sa maman va aux funérailles.

Je suis égoïste de vouloir l’amener.
Non, je ne prends pas mon fils avec moi aux funérailles pour me servir de lui comme doudou réconfortant face au vide de la mort et aux adieux forcés qu’elle cause.

Ca la blesse que je ne respecte pas sa volonté en tant que grand-mère.
Au delà de sa volonté en tant que grand-mère, ça la blesse que je ne fasse pas comme elle. J’ai grandi dans une bulle surprotectrice où on ne disait rien mais savait tout ce qui m’a conduite à me sentir exclue, rejetée et insignifiante. Le fait que je fasse le choix de ne rien cacher à mon fils, donc l’opposé de ce que j’ai vécu, je crois que c’est ça qui la blesse le plus.

La mort ça fait partie de la vie

C’est mon argument massue. On ne peut pas échapper à la mort et je ne ferai pas grandir mon fils chez Mickey et Minnie où seuls les méchants meurent hors caméra. Non. Crapouillou a déjà assisté à des funérailles d’un grand oncle de PapaCrapouille, tout le monde était ravi qu’il soit là. Car les enfants c’est la vie. Et malgré la mort, la vie continue.

 

Parce qu’être une jeune maman épanouie (ou presque!) ça passe aussi par accepter la vie comme elle est : avec un début et une fin.

Je suis une jeune maman épanouie … ou presque! #09

Voilà quelques semaines que je suis absente, je m’en excuse.

Je me suis d’abord faite rattraper par le boulot : mars = fin de trimestre = réunions, dossiers, réunion, bilans et réunions.

Et puis il y a eu le cancer.

Pas le mien, rassurez vous. Celui de l’homme qui m’a servi de figure paternelle, que ma mère a aimé comme un ami, comme un frère, et même plus et qui est en train d’être emporté loin de nous.

C’est con cette maladie quand même! Il avait bien répondu à la chimio, les médecins étaient optimistes, il n’avait pas eu trop d’effets secondaires. Et puis une nuit tout a basculé : il avait mal, il était mal. Arrivé aux urgences, il explique sa situation, son cancer, sa chimio, le début de rémission, l’état de fatigue et le couperet tombe : le cancer s’est métastasé, la tumeur a gagné.

Et en quelques jours, la douleur.

Pour lui, qui doit être sédaté. On parle de soins palliatif, de l’accompagner en douceur, de le laisser partir. Mais là mon coeur se serre. Mon coeur de fille se brise, mon coeur de mère résiste, ma machoire se crispe, ma vue se brouille.

Je n’entendrai plus jamais le son de sa voix.

Alors voilà, il se meurt. Ma mère me dit qu’il ne souffre pas, qu’il a l’air apaisé et qu’il est traité très humainement dans le service où il est. On continue même à lui donner nutriments et hydratation par perfusion pour qu’il soit bien. On lui a même surélevé les jambes pour éviter les escarres aux pieds et un kiné passe tous les jours le manipuler pour désencombrer ses bronches pour qu’il puisse respirer sans encombres.

J’ai interdiction d’aller le voir, car il ne voulait pas qu’on le voit ainsi. Alors ma petite maman, qui le veille jour et nuit, a mis le haut parleur de son téléphone pour que je puisse lui dire ce que j’avais à lui dire et qu’il puisse m’entendre. J’ai bientôt 30 ans, je suis moi même maman, mais à ce moment là je suis redevenue la gamine de 8 ans qui attendait avec impatience que son tonton blagueur la fasse rire une dernière fois. C’est fou comme on peut reconnaitre quelqu’un rien qu’à sa respiration.

Je m’attendais presque à l’entendre. Une dernière fois. Presque. J’ai entendu sa respiration. La même que celle de ses siestes sur le transat au soleil l’été après un bon repas et une bonne glace.

Alors voilà, il n’est pas encore parti. Pas tout à fait. Je pleure tous les jours, plusieurs fois par jour. Mon coeur se fissure à chaque vibration de mon téléphone. Je sais que ce coup de fil ne va pas tarder. M

Mais il n’aurait pas voulu que je me mette dans un tel état.

Alors je me bats pour sauvegarder mon quotidien du chagrin. Alors je reprends mon clavier pour vous parler du fait d’être une jeune maman épanouie ou presque. En revanche je ne sais pas trop de quoi je vais parler cette semaine. Je ne sais pas si je vais publier tous les jours. Mais promis j’essaie de reprendre. Pour vous. Pour moi. Pour lui.

Je suis une jeune maman épanouie … ou presque #08

Après cette petite semaine de pause dont j’avais grandement besoin, je reviens pour une nouvelle semaine. Comme la vie ne nous épargne pas toujours, qu’il faut parfois affronter, vivre et traverser des situations douloureuses qu’on le veuille ou non, qu’on y soit préparé ou pas, j’ai décidé que cette semaine j’allais positiver!

Et je vous embarque avec moi 😉

Un proverbe anglais dit :

Every cloud has a silver lining.

En français on dirait « Après la pluie, le beau temps » mais je préfère l’expression anglaise. Car en français on parle d’après, alors que dans l’expression anglaise le bord argenté est là en même temps que le nuage. Car il faut les traverser, ces orages de la vie, et arriver à trouver un bon côté dans la tempête, pas juste attendre qu’elle passe et rester prostré en attendant.

Donc cette semaine on relève la tête vers tous ces nuages et on cherche le bord argenté 😉

Mardi dans Maman travaille je vous confie toute ma contrariété d’avoir repris le travail et je vous dis comment j’ai surmonté ça et les avantages que j’y trouve désormais (bon ils sont pas nombreux, mais y en a, promis!)

Mercredi dans Maman est amoureuse je vous parle de notre thérapie de couple, de comment j’ai failli tout lâcher et du positif qui ressort de tout ça.

Jeudi dans Maman est belle je vous raconte comment de rageuse exaspérée je suis passé à tolérante et bienveillante vis à vis de toutes ces femmes qui se tartinent du cancer en pot sur le corps.

Vendredi dans Maman fait … je vous parle à nouveau lecture : l’éducation bienveillante, vous connaissez ? 🙂

Je suis une jeune maman épanouie … ou presque! #07

Deux semaines plus tôt dans mon billet du dimanche, je partageai mes astuces pour rebooster la lactation et la semaine dernière je vous faisais un compte rendu de lecture sur LE livre sur l’allaitement qui, l’air de rien, m’a vraiment aidé dans ma désorganisation chronique. Ces articles ayant rencontré un franc succès, j’ai décidé de consacrer une semaine entière aux seins à l’allaitement!

Parce que oui, une des grandes questions que l’on se pose quand on est enceinte : sein ou biberon ? Et à ce sujet, il y a deux écoles : les pro-allaitement et les pro-biberon ? Non. Je dirais plutôt : les choix faits en pleine conscience et les faux choix (ou choix subis).
Effectivement, nous vivons dans une société qui adore malmener l’image de la femme pour en faire un objet sexuel : entre la norme du glabre, le tabou du vieillissement, hygiène qui frôle l’aseptisation, honte des fonctions naturelles du corps (non, non, avoir ses règles ce n’est pas sale!) la Femme est malmenée et remise en question dans en permanence.
Dans ce contexte de société fortement marquée par le patriarcat de nos jours encore, les femmes dans leur maternité n’échappent pas à toute cette pression intériorisée (ça fait tellement longtemps qu’on en bouffe de la Barbie qu’on ne s’en rend même plus compte!).

Du coup pour certaines femmes l’allaitement est vécu comme quelque chose de trop bestial et qui entache leur féminité, donc même si elles souhaiteraient allaiter, cette pression sociale les en dissuadent. Quant à celles qui essaient, avec toutes les conneries remarques qu’elles entendent, et le peu de soutien manque de formation du corps médical, elles arrêtent bien vite (on ne le dira jamais assez : une maman a suffisamment de lait et il est suffisamment nutritif pour son bébé dans  99% des cas ET un allaitement bien mis en place et bien mené n’est pas douloureux).

Vous l’aurez compris, j’ai un avis très tranché sur la question. Pour autant, je ne juge pas les mamans qui prennent la décision de ne pas allaiter, je les comprends car allaiter de nos jours s’approche parfois d’une véritable revendication!

Cette semaine donc, je ne refais pas le débat, je partage simplement avec vous le cheminement qui m’a conduit à l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois et à un allaitement long et je vous parle de cet allaitement dans tous les aspects de ma vie.

Mardi dans Maman travaille je vous dis comment je concilie travail et allaitement mais également comment j’ai fait fi de toutes les remarques peu encourageantes.

Mercredi dans Maman est amoureuse je partage toujours un peu notre intimité : PapaCrapouille, mes seins et moi!

Jeudi dans Maman est belle je vous parlerai de «  »l’entretien » » (vous verrez pourquoi les doubles guillemets jeudi ;)) de ma poitrine et j’en profite pour pousser un petit coup de gueule (voire deux!)

Vendredi dans Maman fait … je vous parle de l’allaitement et du tout début de la diversification.

Samedi retrouvez mon post 53 billets en 2015

Excellente semaine à tou-te-s !