Le jour où je suis restée derrière la porte.

Aujourd’hui c’est la rentrée!

(une grosse pensée à tou.te.s les parent.e.s qui ont eu le coeur serré en laissant pour la première fois leurs petit.e.s à l’école)

Ici, nous avons encore deux ans avant que Crapouillou ne fasse sa première rentrée. Toutefois, il fait sa rentrée en crèche familiale (tu sais, chez l’assistante maternelle qui travaille pour la crèche). Hier, c’est PapaCrapouille qui s’est chargé de passer l’heure avec Crapouillou et l’assistante maternelle, mais aujourd’hui, c’était mon tour.

Aujourd’hui au programme : passer 1/2 heure avec l’assistante maternelle et partir 1h en laissant Crapouillou. Même si j’ai déjà confié mon Crapouillou a une assistante maternelle l’an dernier, la mauvaise expérience fait que je ne suis pas rassurée. Bien entendu, j’ai tout verbalisé pour que mon Crapouillou le sache, en expliquant aussi (plus pour moi que pour lui je crois) que cette nouvelle nounou avait l’air très gentille, très attentionnée et que j’étais persuadée que cette année serait géniale avec Nouvelle Nounou.

Seulement au moment de partir, arriva ce qui devait arriver : Crapouillou s’est mis à pleurer. Je suis vite sortie de l’appartement après lui avoir fait un bisou et lui avoir certifié que je revenais dans une heure. Nouvelle Nounou a verrouillé derrière moi et … je ne suis pas partie.

© Jeune Maman Épanouie - ou presque

© Jeune Maman Épanouie – ou presque

Alors je suis restée derrière la porte, à l’écouter pleurer… une minute. Ensuite NouvelleNounou lui a donné un gâteau, et je suis partie avant de passer de maman-sous-le-choc-qui-reste-sur-le-pallier à maman-parano-qui-écoute-à-travers-la-porte ^^’

Au retour une heure plus tard, Crapouillou avait dormi l’heure entière dans les bras de NouvelleNounou et il m’a souri en se jetant dans mes bras dés qu’il m’a vu.

Prochaine étape demain : la fin de matinée et le repas chez NouvelleNounou!

Et vous, l’adaptation, ça se passe comment ?

Maman travaille

Comme je le disais dans mon premier article, la société est mal faite. D’un côté on nous félicite de faire des enfants, mais d’un autre, il ne faudrait pas non plus que ça nous empêche de retourner travailler. Dans le genre paradoxal, on nous encourage fortement à allaiter ET à retourner travailler. Or les deux ne sont pas souvent compatibles. Encore autre chose : en terme d’éducation et de pédagogie on nous dit qu’il faut laisser le temps à l’enfant de se développer, mais à deux mois et demi il faut qu’il s’habitue à un rythme de vie qui est tout sauf naturel (levé tôt, confié à quelqu’un qu’il ne connait pas, séparé de ses parents, coupé de son chez lui, de ses repères). Bref, vous l’aurez compris : j’ai mal vécu mon retour au boulot!

Pour adoucir la peine, je n’ai repris qu’à mi-temps. Ainsi, je ne confie mon Crapouillou à une étrangère « que » deux jours et demi par semaine, je peux maintenir mon allaitement tant bien que mal (malgré les réticences de la Nounou au départ) et je n’ai plus cette sensation ultra culpabilisante d’avoir mis au monde mon Crapouillou pour qu’il passe au final plus de temps avec d’autres personnes que sa famille.

Mais même à mi-temps, je reste contrariée.

Le plan initial était de me mettre en congé parental. Seulement ça n’a été au final pas possible à cause de mauvaises rencontres professionnelles qui ont empêché mon projet initial d’aboutir. J’ai été obligée/contrainte/forcée/amenée par la force des choses à reprendre. Et c’est vraiment dur.

Je débute la troisième semaine depuis ma reprise et maintenant, même si la frustration persiste, la culpabilité diminue. Un peu. La nounou est de moins en moins une étrangère, Crapouillou est tout sourire quand il la voit, et il reste ce bête quota horaire qui me rassure : mon fils passe plus de temps avec nous qu’avec Nounou. C’est bête, mais c’est apaisant de se dire ça.

J’espère que d’ici quelques temps je serai pleinement sereine quant à cette reprise forcée. Voir mon fils sourire à Nounou la première fois m’a simplement brisé le coeur. Puis en y réfléchissant je me suis dit qu’il valait mieux qu’il sourie plutôt qu’il pleure ; que Nounou lui apportait des nouvelles choses qu’il n’avait sans doute pas avec moi ; que la petit fille de Nounou était super contente de voir un bébé et que Crapouillou serait habitué à fréquenter d’autres enfants.

On se rassure comme on peut pour être une jeune maman épanouie.

Mais grands dieux que c’est fragile, un petit coeur de maman.