Matins câlins

En ce moment, je ne fais que des cauchemars dans lesquels PapaCrapouille a tous les torts et fini par s’en aller et nous abandonner (ou pire, s’en aller avec notre Crapouillou!). Dur dur de gérer cet inconscient qui me travaille, car jamais de la vie PapaCrapouille ne nous abandonnerait, et encore moins ne couperait son Crapouillou de MamanCrapouille. D’ailleurs quand nous avant vécu ce que, je crois, nous pouvons appeler notre baby clash et que nous avons songé à nous séparer, jamais il n’a été question de séparer Crapouillou de l’un ou de l’autre de ses parents. Tout ça pour dire : mes cauchemars, ces choses incontrôlables, qui font que je me réveille toujours contrariée, énervée et triste.

Dans ce contexte, pas facile de passer des mâtins câlins familiaux.

En général je me lève, laissant Crapouillou dormir paisiblement dans son berceau et offrant à PapaCrapouille toute la place dans le lit, pendant que je file sous la douche me laver de ces cauchemars et finir de me réveiller entièrement.

Seulement voilà, les matins câlins, blottie dans les bras de PapaCrapouille, ça commence à me manquer sérieusement. Heureusement ce matin, avant de partir, PapaCrapouille a frappé timidement à la porte de la salle de bain :

Je peux entrer pour te faire un bisou avant de partir ?

Et là, dans la salle de bain, alors que je finissais de me sécher les cheveux, nous avons eu notre matin câlin malgré tout : PapaCrapouille m’a trouvée très belle (les cheveux en bataille à moitié humide, du dentifrice encore au coin des lèvres et l’oeil rouge à cause d’une éclaboussure… Mais pourquoi on s’embête à vouloir être belle ?), il m’a dit que notre Crapouillou s’était un peu réveillé au son de la douche puis rendormi aussitôt grâce à la réactivité de son papa, il a rajouté qu’il était heureux comme jamais et qu’il était confiant en notre avenir.

Devant tant de tendresse, je me suis blottie contre lui (avec mes cheveux n’importe comment, ma trace de dentifrice et mon oeil rouge, donc) et nous avons eu malgré tout notre matin câlin. Une fois remise de mes cauchemars. Juste avant qu’il ne parte. Un peu comme deux amants secrets qui profitent d’un instants furtifs.

Et croyez moi, ça fait du bien, un matin câlin.

Parce qu’être une jeune maman épanouie (ou presque!) ça passe aussi par des instants tendresse avec Papa.

Maman et Papa, les retrouvailles ratées

J’écris cet article mais je ne sais pas si je le publierais.

Je voudrais parler d’un sujet sérieux, qui pour moi est passé de sérieux à grave il y a quelques temps.

Toutefois, avant de commencer cet article, je voudrais dire que PapaCrapouille est un homme formidable. Je l’aime de tout mon coeur et il m’aime de toute son âme. Crapouillou n’est pas le fruit du hasard. Il a été désiré et attendu. PapaCrapouille est l’homme de ma vie, mon âme soeur. C’est un homme d’une extrême gentillesse, d’une grande délicatesse, toujours prévenant, à l’écoute bienveillante et d’une honnêteté à toute épreuve ; un féministe qui ne supporte pas l’injuste ; un papa qui veille au grain ; un mari extraordinaire.

C’est pour ça que ce que nous avons vécu nous a tant marqué.

Quand on parle grossesse, maternité et accouchement, on en finit toujours par parler sexualité. PapaCrapouille et moi avions une vie intime que l’on peut qualifier de très épanouie avant que Crapouillou arrive. Nous parlions de tout, n’avions aucun tabou et étions plutôt en phase quant à nos moments câlins. Avec l’arrivée de Crapouillou beaucoup de choses ont changé. Pourtant nous étions prévenus. Nous avions tous deux lu beaucoup de choses à ce sujet, pour éviter justement le fameux « baby clash ». PapaCrapouille, très compréhensif, me laissait le temps de me réadapter à mon corps de jeune maman.

Seulement voilà, un jour, ça a dérapé. PapaCrapouille me dit qu’il a bien réfléchi, que notre couple bat de l’aile, et qu’il voudrait le sauver. Nous parlons beaucoup, tombons d’accord sur beaucoup de points à améliorer, reconnaissons nos torts partagés, notamment le manque de communication récent. Et puis, dans ce contexte d’ascenseur émotionnel, je sens bien que je lui manque, alors je le prends par la main et l’amène dans notre chambre. Crapouillou dort, la discussion m’a mise en confiance. PapaCrapouille est un peu surpris, mais heureux.

Mais voilà, nous ne sommes pas du tout sur la même longueur d’ondes.

Du tout. Du tout. Du tout.

Suite à ça, nous avons passé une semaine à faire chambre à part, à parler de se séparer, de divorcer.
Tout ça pour quoi ? Un incident, une fois.

Seulement PapaCrapouille et moi on s’aime pour le meilleur et pour le pire. C’était dur d’envisager ne plus vivre l’un sans l’autre. Alors, avant d’en arriver à une telle extrémité, PapaCrapouille et moi avons décidé d’entamer une thérapie de couple. Rien ne garantit que ça marchera, mais ça fait déjà un mois et la thérapie nous aide beaucoup. PapaCrapouille a réinvesti la chambre conjugale. J’arrive à nouveau à me blottir contre lui en confiance.

A vouloir aller trop vite, nous nous sommes fait beaucoup de mal. Alors je voudrais dire à toutes les futures et jeunes mamans : prenez votre temps et parlez! Quoiqu’il se passe, prenez votre temps et parlez! parlez! parlez! Un bébé ça change beaucoup de choses, notamment le rapport à son propre corps.

Voilà, j’espère avoir un jour le courage de partager mon expérience pour qu’elle serve à d’autres et vous permette d’éviter de reproduire nos erreurs.

Parce qu’être une jeune maman épanouie ou presque, ça passe aussi par son couple!