Ne pas se laisser bouffer

Fin d’année = bilans = réunions tard dans la soirée

J’ai invoqué la sacro-sainte excuse de la nounou, tout simplement.

Après xx heures elle ne peut plus me garder mon fils

Donc tout simplement, à l’heure annoncée, je me suis excusée auprès de mes collègues, me suis levée et suis partie retrouver mes hommes.

Seulement la semaine suivante, j’ai voulu « bien » faire. PapaCrapouille est donc rentré tôt du travail pour être là quand je ramènerai Crapouillou et je suis retournée à ma réunion de 18h30.

Retardée d’une heure.

Qui s’est prolongée d’une heure de plus.

Résultat : rentrée chez moi à 22h.

Plus jamais.

Maman travaille

Comme je le disais dans mon premier article, la société est mal faite. D’un côté on nous félicite de faire des enfants, mais d’un autre, il ne faudrait pas non plus que ça nous empêche de retourner travailler. Dans le genre paradoxal, on nous encourage fortement à allaiter ET à retourner travailler. Or les deux ne sont pas souvent compatibles. Encore autre chose : en terme d’éducation et de pédagogie on nous dit qu’il faut laisser le temps à l’enfant de se développer, mais à deux mois et demi il faut qu’il s’habitue à un rythme de vie qui est tout sauf naturel (levé tôt, confié à quelqu’un qu’il ne connait pas, séparé de ses parents, coupé de son chez lui, de ses repères). Bref, vous l’aurez compris : j’ai mal vécu mon retour au boulot!

Pour adoucir la peine, je n’ai repris qu’à mi-temps. Ainsi, je ne confie mon Crapouillou à une étrangère « que » deux jours et demi par semaine, je peux maintenir mon allaitement tant bien que mal (malgré les réticences de la Nounou au départ) et je n’ai plus cette sensation ultra culpabilisante d’avoir mis au monde mon Crapouillou pour qu’il passe au final plus de temps avec d’autres personnes que sa famille.

Mais même à mi-temps, je reste contrariée.

Le plan initial était de me mettre en congé parental. Seulement ça n’a été au final pas possible à cause de mauvaises rencontres professionnelles qui ont empêché mon projet initial d’aboutir. J’ai été obligée/contrainte/forcée/amenée par la force des choses à reprendre. Et c’est vraiment dur.

Je débute la troisième semaine depuis ma reprise et maintenant, même si la frustration persiste, la culpabilité diminue. Un peu. La nounou est de moins en moins une étrangère, Crapouillou est tout sourire quand il la voit, et il reste ce bête quota horaire qui me rassure : mon fils passe plus de temps avec nous qu’avec Nounou. C’est bête, mais c’est apaisant de se dire ça.

J’espère que d’ici quelques temps je serai pleinement sereine quant à cette reprise forcée. Voir mon fils sourire à Nounou la première fois m’a simplement brisé le coeur. Puis en y réfléchissant je me suis dit qu’il valait mieux qu’il sourie plutôt qu’il pleure ; que Nounou lui apportait des nouvelles choses qu’il n’avait sans doute pas avec moi ; que la petit fille de Nounou était super contente de voir un bébé et que Crapouillou serait habitué à fréquenter d’autres enfants.

On se rassure comme on peut pour être une jeune maman épanouie.

Mais grands dieux que c’est fragile, un petit coeur de maman.