Mon allaitement, mon choix … face aux autres

Avant la reprise du travail

Comme vous le savez, j’ai repris le travail car je n’avais pas tellement le choix. Moi qui rêvais d’un congé parental, ça devra attendre Crapouillou-bis et Crapouillou-ter (oui, nous voulons 3 enfants. Minimum).

Dés la grossesse, j’avais exprimé ma volonté d’un allaitement long. Souffrant moi même de nombreuses intolérances alimentaires, l’idée de donner à mon fils un lait dont je ne connaitrais pas la moitié des composants m’était (et m’est toujours) impensable! Seulement voilà, à la question (débile) :

Tu vas le nourrir ?

(Sérieusement ? Tu vas le « nourrir »? Parce qu’une maman qui n’allaite pas laisse crever son petit peut être? Passons) Je répondais avec joie que c’était bien mon intention, qu’on n’avait même pas acheté de biberons!

Mais je crois que les gens sûrs de leurs choix ça dérange un peu de nos jours, car systématiquement on m’a répondu :

Tu devrais au moins en avoir un, au cas où tu n’aurais pas assez de lait.

Au cas où tu n’aurais pas la montée de lait assez vite.
Au cas où ton lait de serait pas suffisamment nourrissant.
Au cas où il tèterait trop souvent.
Au cas où il ne saurait pas prendre le sein.
Au cas où le père serait jaloux (wtf!?)
Au cas où tu changerais d’avis.
Au cas où ça te dégouterait finalement.
Au cas où tu aurais une césarienne.
Au cas où…

Bref, pour répondre à tout ça, j’étais bien contente d’avoir lu THE livre sur l’allaitement, parce que j’aurais été découragée avant même d’avoir commencée.

La reprise du travail

Crapouillou né, 5 minutes de vie et déjà au sein. Il avait bien compris la mécanique. La montée de lait arrive en 24 heures, j’allaite à la demande. Zéro soucis pour lui. Zéro soucis pour moi. Une harmonie  règne chez la famille Crapouillou.

Puis arrive la recherche de nounou en vue de la reprise du travail. Je pleure, je désespère, j’en veux à la terre entière et je finis par trouver une nounou à côté de mon boulot qui, en 16 ans de métier, n’a jamais gardé de bébé encore allaité et qui me demande si je l’aurais sevré quand je reprendrai.
Je lui explique que non, que je lui donnerai mon lait pour les biberons, et je lui demande même si, lors de mes grosses journées continue, je pourrai venir l’allaiter une ou deux fois dans la journée ?

NB : oui les mamans, c’est dans les textes de loi : vous avez droit à 1h (généralement coupée en deux demi-heures) pour l’allaitement (généralement pour tirer votre lait si vous n’avez pas la nounou à proximité)

Surprise, elle accepte, elle qui a eu 3 enfants et qui n’a jamais allaité se retrouve, du haut de sa cinquantaine, intriguée par mon allaitement. Et je dois dire que, même si elle n’est pas parfaite, je converse beaucoup avec elle et elle découvre l’allaitement avec moi.

Mais bon, ce côté mammifère, ça la dérange un peu quand même et au retour des vacances j’ai droit à des

Ah mais il est toujours allaité !?

Elle me fera quelques réflexions sur le fait que c’est long quand même, que c’est surprenant… Elle ira même jusqu’à me demander jusqu’à quel âge je vais l’allaiter.

Je pense que le jour où il aura sa thèse d’astrophysique j’arrêterais.

Un peu d’humour pour mettre fin aux remarques qui commençaient à m’agacer profondément.

6 mois plus tard

Toujours allaité. Toujours heureux. Lui. Moi. PapaCrapouille.
Les remarques de tous bords ont cessé. Et nous avons commencé en douceur la diversification de Crapouillou (mais ça, je vous en parle vendredi!)

Parce qu’être une jeune maman épanouie (ou presque!) ça passe aussi par un allaitement harmonieux et un entourage recadré!

Je suis une jeune maman épanouie ou presque … #06

Je suis en retard, mon bureau est en bazar, je n’ai pas touché l’aspirateur depuis au moins un moi, mon linge salle s’empile dans un coin de la chambre, je cours après mes dossiers pour être prête pour les réunions … Bref, je ne suis pas organisée!

Autant je suis passionnée et méticuleuse, autant je ne suis pas, mais alors pas du tout organisée! Tous les matins je me lève avec une énoooorme liste de choses à faire, et tous les soirs je me couche en voyant cette liste grossir et je me dis « Mais qu’est ce que j’ai fait de ma journée pour que rien n’avance ? ».

Bref, c’est l’angoisse au quotidien! Et cette semaine je vous parle de les répercutions sur tous les aspects de ma vie de cette désorganisation chronique qui me caractérise.

Mardi dans Maman travaille je vous raconte en quoi ma désorganisation et mon mi-temps sont incompatibles!

Mercredi dans Maman est amoureuse je vous dis tout sur comment mon homme s’est adapté à mon incapacité à m’organiser.

Jeudi dans Maman est belle je fais le point sur la rééducation abdominale et les montagnes d’astuces que j’ai du déployer pour arriver à m’oragniser autour de ces rdv.

Vendredi dans Maman fait ... j’inaugure une nouvelle rubrique en vous parle de lecture! Oui parce que j’ai jamais le temps de rien, mais depuis la grossesse, j’ai lu une quantité astronomique de bouquins qui m’ont été au final très utiles dans ma désorganisation chronique!

 

Je me suis laissée bouffer

Bon voilà, en fin d’année j’écrivais un article sur le fait que j’essaierai de ne pas me laisser bouffer par le boulot.

J’ai tenu bon quoi ? 10 jours ? 15 jours maximum ? Et après le boulot s’est rattrapé et m’a avalée toute crue! Je n’ai pas fait faire d’heures supplémentaires à la nounou, mais je me suis épuisée. Je ne voulais pas que mon fils ait moins de temps que prévu avec sa mère à cause du travail, donc en journée j’ai doublé (voire triplé) ma productivité pour pouvoir partir à l’heure sans que ça me soit reproché.

Et ça a bien marché je dois l’avouer : non seulement on ne m’a rien reproché, mais on m’a en plus félicitée d’être aussi compétente en retour de congé maternité. On m’a même laissé comprendre qu’il se pourrait que je sois embauchée à durée indéterminée durant 2015.

Toujours le même temps passé avec mon Crapouillou, une embauche durable à la clé… Que du bon ?

© Jeune maman épanouie … ou presque!

© Jeune maman épanouie … ou presque!

Et bien non.

J’étais vraiment fatiguée, ça a mis en péril ma lactation et j’ai eu beaucoup de mal à maintenir une vie sociale digne de ce nom et à préparer les fêtes de fin d’année. J’ai du délaisser ce blog. Et je me couchais en même temps que mon fils (oui oui, à 19h30 au lit!). Papa Crapouille m’a réellement soutenue dans cette fin d’année et je crois même qu’il a apprécié que Crapouillou et moi nous couchions si tôt en fin de compte, comme ça il a pu avoir un peu de temps pour lui (qu’il n’avait pas encore eu depuis que Crapouillou est né, contrairement à moi qui avait réussi pendant mon congé maternité à me prendre quelques demi-journées rien que pour moi)

Qui dit nouvelle année, dit nouveau départ. L’enjeu d’une embauche durable ayant été évoquée, j’ai pris la décision de maintenir un travail soutenu à quelques conditions :
– ne pas rentrée épuisée à la maison : bien que Papa Crapouille ait apprécié ces quelques semaines où il pouvait cultiver son jardin secret le soir, nous étions contents quand ça s’est calmé
– ne pas faire en mi-temps ce qu’on demande à un temps plein : oui je sais, c’est eu peu bête, mais si j’abats le travail des collègues à temps plein en étant en mi-temps ça va tous nous pénaliser en fin de compte, donc je lève le pied!
– laisser le boulot au bureau : ça j’ai vraiment du mal! Je ramène beaucoup de travail à la maison et ça me prend pas mal de temps sur nos week-ends. Il faut vraiment que j’arrive à me discipliner et à ne travailler qu’au bureau
– travailler en équipe : je ne suis pas quelqu’un qui travaille beaucoup collectivement, j’ai toujours eu du mal avec la critique constructive que j’ai longtemps vécu comme une critique tout court, mais cette année, non seulement je l’accepte mais je vais la chercher! Or de question de perdre du temps en voulant me débrouiller seule alors qu’un-e collègue peut m’aider à résoudre mon soucis en 5 minutes.

Souhaitez moi bonne chance!

On fait le bilan de ces résolutions dans quelques mois ? 😉

Parce qu’être une jeune maman épanouie (ou presque!), c’est pouvoir jongler entre travail et vie de famille!

Ne pas se laisser bouffer

Fin d’année = bilans = réunions tard dans la soirée

J’ai invoqué la sacro-sainte excuse de la nounou, tout simplement.

Après xx heures elle ne peut plus me garder mon fils

Donc tout simplement, à l’heure annoncée, je me suis excusée auprès de mes collègues, me suis levée et suis partie retrouver mes hommes.

Seulement la semaine suivante, j’ai voulu « bien » faire. PapaCrapouille est donc rentré tôt du travail pour être là quand je ramènerai Crapouillou et je suis retournée à ma réunion de 18h30.

Retardée d’une heure.

Qui s’est prolongée d’une heure de plus.

Résultat : rentrée chez moi à 22h.

Plus jamais.

Maman travaille

Comme je le disais dans mon premier article, la société est mal faite. D’un côté on nous félicite de faire des enfants, mais d’un autre, il ne faudrait pas non plus que ça nous empêche de retourner travailler. Dans le genre paradoxal, on nous encourage fortement à allaiter ET à retourner travailler. Or les deux ne sont pas souvent compatibles. Encore autre chose : en terme d’éducation et de pédagogie on nous dit qu’il faut laisser le temps à l’enfant de se développer, mais à deux mois et demi il faut qu’il s’habitue à un rythme de vie qui est tout sauf naturel (levé tôt, confié à quelqu’un qu’il ne connait pas, séparé de ses parents, coupé de son chez lui, de ses repères). Bref, vous l’aurez compris : j’ai mal vécu mon retour au boulot!

Pour adoucir la peine, je n’ai repris qu’à mi-temps. Ainsi, je ne confie mon Crapouillou à une étrangère « que » deux jours et demi par semaine, je peux maintenir mon allaitement tant bien que mal (malgré les réticences de la Nounou au départ) et je n’ai plus cette sensation ultra culpabilisante d’avoir mis au monde mon Crapouillou pour qu’il passe au final plus de temps avec d’autres personnes que sa famille.

Mais même à mi-temps, je reste contrariée.

Le plan initial était de me mettre en congé parental. Seulement ça n’a été au final pas possible à cause de mauvaises rencontres professionnelles qui ont empêché mon projet initial d’aboutir. J’ai été obligée/contrainte/forcée/amenée par la force des choses à reprendre. Et c’est vraiment dur.

Je débute la troisième semaine depuis ma reprise et maintenant, même si la frustration persiste, la culpabilité diminue. Un peu. La nounou est de moins en moins une étrangère, Crapouillou est tout sourire quand il la voit, et il reste ce bête quota horaire qui me rassure : mon fils passe plus de temps avec nous qu’avec Nounou. C’est bête, mais c’est apaisant de se dire ça.

J’espère que d’ici quelques temps je serai pleinement sereine quant à cette reprise forcée. Voir mon fils sourire à Nounou la première fois m’a simplement brisé le coeur. Puis en y réfléchissant je me suis dit qu’il valait mieux qu’il sourie plutôt qu’il pleure ; que Nounou lui apportait des nouvelles choses qu’il n’avait sans doute pas avec moi ; que la petit fille de Nounou était super contente de voir un bébé et que Crapouillou serait habitué à fréquenter d’autres enfants.

On se rassure comme on peut pour être une jeune maman épanouie.

Mais grands dieux que c’est fragile, un petit coeur de maman.