Le jour où mon couple a éclaté – 3/3

J’avais peur que le soufflé retombe.C’est facile de partir d’une impulsion, surtout quand on s’est fait très peur. C’est moins facile de tenir la distance

Il a commencé à soigner sa dépression.
A arrêté de fumer.
A pris soin de lui.
A pris soin de moi.
A pris plus soin de Crapouillou.
A établi des limites fermes à sa famille, les renvoyant à leurs comportements
A décidé de me soutenir dans l’entreprenariat.
A accepté d’adopter un chien.
A aidé à la vente de l’appartement choisi pour nous par sa mère.
A commencé à chercher une maison.
M’a redemandé de l’épouser.

J’ai passé 5 mois à me regarder tour à tour l’aimer et le détester.  A ne plus supporter le quotidien avec lui et à  ne plus supporter d’être loin de lui. A vouloir qu’il me laisse et à vouloir n’être que dans ses bras. Bref, vous avez saisi le tableau. Ma raison ne pouvait plus vivre cette vie. Mon coeur ne pourrait jamais vivre sans lui.

J’ai passé 5 mois à assister à l’éclatement de mon couple. Et putain, ça a fait du bien!

Oui, mon couple a volé en éclats. Indéniablement. Douloureusement.

Nous avons patiemment ramassé ces éclats. Un à un. Et avec ces éclats nous construisons une mosaïque plus belle encore que ce qui fut.

Je n’en reviens toujours pas à chaque fois que j’écris « mon couple a volé en éclats ». D’un côté, c’est réellement ce qui s’est passé : trop de choses accumulée de mon côté nous ont fait exploser. Mais d’un autre côté, nous sommes tellement ressoudés aujourd’hui, que toute cette période me parait loin derrière. Bref, je tenais quand même à vous le raconter. Parfois on traverse des tempêtes plus dures que d’autres, on pense ne jamais en sortir, et puis on se retrouve à bâtir un nouveau monde qui vaut toutes les tempêtes de la vie ❤

 

Le jour où mon couple a éclaté – 2/3

Partie 1/3

Je n’avais plus envie de rien. Ni de le voir, ni de l’entendre, ni de le croiser, ni de vivre avec lui ni de le voir, de l’aimer. Paradoxalement, j’étais contente qu’il rentre le soir, de l’entendre rire avec Crapouillou à l’heure du bain, de savoir qu’il dormait dans la pièce à côté, de me dire qu’un jour on renouvellerait nos voeux.

Après le choc, la dissociation. Je le détestais autant que je l’aimais.

Lui dans tout ça s’est mis à vivre la peur au ventre. Cette fois la vraie. Pas celle de la dépression qu’il se trainait en réalité depuis des années avant nous. Pas la peur de vivre. La vraie peur. La peur saine. Celle qui déclenche des réflexes de survie. Celle qui fait qu’on se sent vivant. Celle qui ouvre les yeux sur tout ce qu’on risque de perdre. Celle qui met un coup de pied au cul. Bref, la peur de me perdre.

Merci de m’avoir dit tout ça.

Le soir où j’ai tout déversé pendant 2h il n’a rien dit parce que tout sonnait juste. Assommé par la réalité de l’homme qu’il était avec moi, il a répudié l’idée de défendre l’homme qu’il pensait être. En même temps, 6 ans de preuves, c’est lourd à contester. Alors il s’est tu. Et il a pris note mentalement de tout. Ce qu’il n’avait pas fait. Ce qu’il avait fait. Ce qu’il ne ferait plus jamais. Ce qu’il fallait qu’il fasse. Et ce qu’il allait faire dés à présent.

Et même si c’est la peur de me perdre qui a été le moteur premier de tout ça, c’est son Amour pour moi qui l’a emporté. Il voulait être l’homme qu’il se revait d’être. Maintenant qu’il avait toutes les clés en main pour ne pas répéter les erreurs du passé et pour devenir l’homme qu’il voulait être depuis tant d’années, il ne pouvait pas se tromper .

… bientôt la suite et la fin …

Le jour où mon couple a éclaté – 1/3

Je dois bien être honnête avec vous, si j’ai déserté le blog en 2016, c’est bel et bien parce que mon couple a volé en éclats.

Tout faire par amour, pour moi ce sont des mots qui ont une réalisation très concrète. Persister dans un métier salarié qui ruinait toutes les facettes de ma personnalité ; vivre en silence le harcèlement que je subissais au travail ; résoudre mes traumatismes d’enfance maltraitée ; renoncer à mon accouchement à domicile et subir les violences obstétricales banalisées ; acheter l’appartement que ma belle-mère avait choisi pour nous ; subir les agressions répétées de la belle-famille en en prenant la responsabilité ;  avoir deux chats quand on aime les chiens ; se mettre à faire les comptes quand on s’est juré de ne jamais se laisser bouffer par l’argent ; se mettre à ranger quand le bordel nous rassure ; endosser le rôle de responsable à tous ses malêtres ; chercher des solutions où il n’y avait pas de problèmes… Des plus grandes choses aux plus petits, ces six dernières années, j’ai littéralement fait tout ce que je pouvais par amour.

Seulement est arrivé un moment où j’ai eu besoin d’exister par moi-même et pour moi-même. Ne pas être la femme de, la fille de, la mère de, la bru de. Ne plus penser à qui veut quoi, comment, pourquoi et quand. Retrouver la spontanéité et la passion qui me caractérisaient. Une fois le carcan du travail défait, j’ai redécouvert qui j’étais et ce que je voulais vraiment. J’ai ouvert les yeux sur mon quotidien. Et j’ai eu besoin d’ébranler cette vie, cette cage dorée.

Et pourtant je l’aime comme au premier jour. Mais cet amour m’a mené à l’antipodes de ce que j’imaginais. Au début de l’été, dans un sursaut de vie, après une énième agression de ma belle-famille à mon encontre et le silence de mon homme, c’est sorti. Tout. Les sacrifices, les efforts, l’amour, les changements, les concessions, l’Amour, les tiraillements, les choix, l’amour, les attentes, les envies, les besoins.

J’ai noyé mon homme sous un vomis verbal de ce que mes tripes n’arrivaient pas à digérer de nos six dernières années. Pendant deux heures, un flux ininterrompu de parole s’est déversé sur lui. Je n’en revenais pas. Plus je parlais, plus de choses venaient. Plus de choses venaient, plus je découvrais tout ce que j’avais fait pour lui, pour eux, pour nous. Pour m’enfermer dans une vie qui n’était pas la mienne.

J’ai cru qu’une fois la source tarie les choses allaient se passer comme d’habitude : lui serait la victime, moi le bourreau, et je m’étoufferais d’indignation devant l’injustice de la situation mais je finirais par m’excuser d’un tort qui n’est pas le mien au nom de l’Amour. Seulement ce jour là, après avoir posé mes tripes sur la table, rien ne s’est passé comme prévu.
Dans un calme olympien, les yeux brillants, il m’a regardé et n’a dit qu’une chose avant de déplier le canapé-lit  :

Merci de m’avoir dit tout ça.

 la suite …

« Pas d’écrans avant 3 ans » le bilan à mi-chemin

« Pas d’écrans avant 3 ans » c’est ce qu’on peut lire partout et que tous les professionnels de santé nous recommandent.  À mi-chemin  vers les 3 ans, j’avais envie de faire le point.

JeunePapaEpanoui et mi sommes technophiles. Nous avons avons 7 consoles de jeux vidéo (de la Nes à  la Wii en passant par la Gameboy (retrogaming for ever!)) , 5 PC (2 chacun + 1 de dépannage ), chacun un smartphone et depuis peu, une tablette. Avec tout ça j’en ai presque oublié la tv ambilight qui trône dans le salon. Donc autant dire que chez nous, les écrans sont omniprésents.

Pendant la grossesse ce fameux credo « pas d’écrans avant 3 ans » nous paraissait impossible à tenir, noter vie étant organisées par écrans interposés  (après la synchronisation des montres de Parker Lewis dans notre jeunesse,  synchronisation des agendas de nos vies d’adultes!). De plus, beaucoup de nos loisirs impliquaient des écrans : cinéma,  séries, jeu en coopération avec les ami.e.s géographiquement éloigné.e.sur…

Sh*t!

Et puis Crapoillou est arrivé… Celles qui sont passées par là savent, pour les autres, disons que si on arrive à prendre une douche / jour c’est déjà un exploit! Donc les écrans sont naturellement sortis de nos vies. JeunePapaEpanoui avait au début ses soirées pour lui, mais il les occupait à ranger et faire le ménage (je vous ai dit que j’avais un homme parfait ?)Et Crapoillou à grandi. Il s’est mis à manger comme nous, il a commencé à pouvoir dormir sans moi, mon homme et moi avons retrouvé un peu de temps pour nous… Et nous sommes instinctivement retournés à nos anciennes habitudes télévisuelles, entre autres. Mais au bout de quelques jours nous préférions passer nos soirées devant un bon film, choisi, plutôt que de subir la programmation tv. Nous avons également rattrapé notre retard dans son les séries. Et ce sont devenus nos moments à deux, le soir, quand Crapouillou dort : un bon film ou une bonne série lancé.e sur les coups de 20h, calés dans les bras l’un de l’autre, sous le duvet. Simplement. On se surprend même de plus en plus à préférer lire ainsi, plutôt que regarder un écran (merci la médiathèque de nous fournir en livres passionants ❤ )

Est arrivé le jour où Crapouillou s’est trouvé devant un écran.  C’était il y a trois mois, je cherchais des dessins animés bienveillantsur pour quand il serait un peu plus grand. Il s’est réveillé de sa sieste, j’ai laissé tourner la vidéo le temps de m’occuper de lui. Et forcément,  quand nous sommes revenus au salon, il s’est mit à danser sur la chanson et à regarder la fin de l’épisode en tétant.  Une fois l’épisode fini, il m’à signé « encore », je lui ai expliqué que c’était fini, il a fini de téter et est allé jouer.

Comme ça. Simplement.

Alors maintenant je me cache moins quand je consulte mon téléphone, je n’hésite plus à aller sur le pc quand Crapouillou est là et j’ose même lui demander s’il veut regarder un dessin animé! Mon petit homme est curieux des écrans, jusque là il a vu 3 épisodes de Daniel Tiger, et il se dandine sur toutes les chansons! Mais il se lasse vite de rester assis à ne rien faire, et fini toujours par retourner à une activité plus … active ^_^

 © JMEOP

© JMEOP

Le bilan est donc positif :

  • Crapouillou n’aime pas plus que ça les écrans
  • Nous avons naturellement réduit notre « consommation » et notre temps passé devant les écrans
  • La médiathèque est devenue notre nouveau QG
  • Crapouillou se construit loin des médias et du « formatage » qu’ils opèrent

Je vous donne rdv dans un an et demi pour faire le bilan des 3 ans !

 

Un an de maternage

Voilà, nous y sommes : Crapouillou a passé la barre des un an.

Un an d’allaitement.
Un an de nuits irrégulières.
Un an de câlins.
Un an de stress face à ses pleurs.
Un an de portage.
Un an de cododo.
Un an de bienveillance.
Un an de découverte du monde.
Un an de coeur qui déborde de bonheur.
Un an de doutes.
Un an de jeunes parents.
Un an de bonheur.

J’avais besoin de faire le point sur nos choix, nos valeurs, la direction que nous avons prise.

L’allaitement

© Jeune Maman Épanouie - ou presque

© Jeune Maman Épanouie – ou presque

Le plus grand bonheur de toute ma vie. Je ne reviendrais sur la décision d’allaiter pour rien au monde. Si c’était à refaire, je referais de suite (même les fois où il m’a mordue et où j’ai dit « Cette fois c’est bon, j’arrête »). Je ne connais rien d’aussi puissant que de donner le sein à son enfant. Ce sentiment d’équilibre parfait, cette pleine conscience de lui donner le meilleur, sa façon toute naturelle d’enfouir sa tête tout contre mon coeur… ❤
Je n’étais pas sûre de tenir autant. Je vise depuis le départ 18 mois minimum, mais avec la reprise du boulot ça a été sacrément dur à tenir. Et là avec ma mutation et mes 320Km quotidiens, je ne sais pas si je tiendrais encore… Alors je savoure chaque tétée comme si c’était la dernière, car j’en très certainement plus passées qu’à venir désormais.

Le cododo

CODODO

Personnellement, j’adore! PapaCrapouille était plus réticent. Mais maintenant que Crapouillou maîtrise le quatre pattes à fond et commence à marcher et qu’il ne pleure plus au milieu de la nuit mais nous rejoint et grimpe sur le lit sans nous réveiller tout à fait, ça passe mieux!

La bienveillance éducative

Affiche téléchargeable et imprimable ;)

Affiche téléchargeable et imprimable 😉

C’est mon défi au quotidien. Ca me tient tellement à coeur et ça me prend tellement d’énergie que j’y consacre toute une section de ce blog. Je constate néanmoins que je suis de plus en plus sereine de manière globale dans ma vie grâce à ça. J’ai l’impression de relativiser énormément, de mieux réagir dans les situations de conflit et d’agression, d’être plus sereine de manière générale. C’est de moins en moins un défi pour moi et de plus en plus naturel.
Et je ne suis évidemment pas la seule à en tirer des bénéfices : Crapouillou est un bébé « épanoui, curieux et heureux » dixit Nouvelle Nounou et ses copines de la crèche familiale.

Portage

PORTAGE

Dés que le premier trimestre de grossesse fut passé, j’ai offert à PapaCrapouille une écharpe de portage car j’adorais tout simplement l’idée de le porter enveloppé tout contre nous. Mais PapaCrapouille était en stress constant lorsqu’il faisait les noeuds et, arrivés les jours chauds, l’écharpe s’est vite révélée étouffante pour tout le monde.
Comme il était hors de question que nous abandonnions le portage, nous avec opté pour un préformé, un Manduca, et ce fut la révélation! PapaCrapouille porte Crapouillou très souvent et très sereinement, et nous n’avons pas ressorti l’écharpe depuis des mois!

Au bout d’un an …

Je suis plus sûre de moi que jamais dans nos choix éducatifs. J’apprends à composer avec le caractère de Crapouillou qui s’affirme de plus en plus. J’essaie de maintenir mon allaitement malgré beaucoup de fatigue et mes 4h de trajet ferroviaire quotidien (j’aimerais tellement aller jusqu’au sevrage naturel!). Je profite de chaque instant passé avec mes hommes, ensemble ou indépendamment l’un de l’autre. Bref, au bout d’un an, je suis plus sûre de moi que jamais et je panse chaque jour passé loin de mon Crapouillou par des jeux, des comptines, des câlins, des chatouilles, des tétées, des sorties… Bref, j’essaie d’être, plus que jamais, une jeune maman épanouie ! 🙂