Mon mari, son blog et nous

Mon mari a un blog

C’est une phrase que je n’aurais jamais cru prononcer un jour! D’une part parce que je peine depuis 4 ans à le faire participer à notre blog familial privé, et d’autre part parce qu’il n’aime pas écrire. Voilà. Donc comment vouliez-vous que je m’attende un jour à ça :

 » Ma chérie, ça te dérangeait si j’ouvrais un blog ?
– Un blog ? Ah mais ça serait génial! *enthousiaste inside* Un blog de quoi ?
– Un blog sextoy. »

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Le pavé. La marre. Le tsunami.

Après tout, pourquoi ne pourrait-il pas avoir son blog sextoy pour parler de sa passion. Oui. Sa passion. Sextoy. Vous ne rêvez pas !

Je vous avoue que vivre avec un passionné d’érotisme est un plus au quotidien O:) Mais l’idée qu’il ouvre son blog me terrifiait. Bien que je ne m’oppose pas à l’ouverture de son blog, j’ai quand même mis quelques conditions :

  • l’anonymat, pour des raisons évidents
  • le coût du blog : ok pour un nom de domaine, ok pour une offre minimale pour pouvoir stocker ses photos etc mais par contre hors de question qu’on fasse des frais pour tester certaines choses (vous n’imaginez jusqu’à quel prix certains « jouets » se vendent!)
  • lire ses articles avant publication. Bon, j’avoue, ce point là était surtout pour me rassurer au début, mais maintenant je les lis une fois publiés ^^

Et il créa son blog.

J’ai essayé de ne pas projeter mon angoisse et mes peurs sur son projet (malgré qu’elles furent nombreuses) et je l’ai laissé mener sa barque sans trop m’immiscer. Je lui donne mon avis, il en tient compte ou pas, mais au moins je sais ce qu’il va publier.

Mon mari, son blog et nous

De manière assez logique, la création de son blog a approfondi le dialogue entre nous, sur notre vie intime qui a connu ses aléas après la naissance de Crapouillou. Je ne vais pas rentrer dans les détails, je me contenterai simplement de vous dire que les choses n’ont jamais été aussi bien entre nous et je me surprends même à lui demander comme se passent ses tests et quand est ce qu’il reçoit le prochain colis de ses partenaires.

Récemment, je lui ai même demandé de m’obtenir quelque chose que j’ai envie de tester depuis que j’en ai entendu parlé! On m’aurait dit ça quand il a lancé son blog, je n’y aurai pas cru! Moi qui ne m’étais jamais penché sur la question sextoy, je découvre un tout nouvel univers depuis que mon homme a lancé son blog 😉

Voilà, c’est dit ^^ Et vous, vos compagn.e.on.s bloguent aussi ?

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Le jour où j’ai failli lâcher notre thérapie

Je crois qu’on pourrait rebaptiser « thérapie de couple » en « mon mari m’a accompagné dans ma prise de conscience que j’avais été maltraitée étant enfant »

Parce que oui, PapaCrapouille a été indélicat avec moi, une fois, quand on essayait de se retrouver après la naissance de Crapouillou. Cette indélicatesse a créé une réaction en chaîne que je n’aurais pas soupçonnée, que je ne comprenais pas, lui non plus ; ce qui nous a donc amené à notre thérapie.

Un cancer du bonheur

J’avais tous les comportements clichés d’une adulte qui n’est en fait qu’une enfant maltraité qui a grandi. Mais je n’en avais aucun souvenirs. Ou disons plutôt que ces souvenirs (très) douloureux étaient enfouis, bien tassés dans un coin de mon cerveau et que, même si je n’en avais pas conscience, ils agissaient. Un peu comme un cancer qui serait venu détruire progressivement mon bonheur.

Le pouvoir de l’esprit

Mais cette faculté à oublier, à ranger sagement dans un coin les douleurs, c’est au final ce qui m’a permis de survivre jusqu’ici. De grandir. D’avancer. De vivre. Si j’avais eu la pleine conscience en grandissant de ce que j’ai vécu enfant, je n’aurais sans doute jamais grandi. J’aurais sans doute trouvé ce monde trop cruel pour décider d’y tenter ma chance. Mon cerveau, cette chose incroyable, a donc décidé d’occulter pour je puisse vivre.

Réalité alternative

Du coup il y a plein de choses de mon enfance dont je n’ai pas souvenir. Quand on me les raconte lors des réunions de famille, c’est un peu comme si on me racontais un film que je n’ai jamais vu. Je n’ai pas de vrai souvenirs continus avant le collège. Juste des bribes de moments heureux (ou pas) par ci par là. J’ai parfois l’impression d’être née au collège et de n’avoir pas eu d’enfance.

Ma très chère Pandore …

Notre thérapeute a été très habile sur ce coup là. Au début elle me disait :

Oui il y a eu quelques petits dysfonctionnements dans votre famille.

Et puis progressivement elle s’indignait de plus en plus fort

Mais c’est quoi cette histoire !? Vous vous verriez faire vivre ça à votre fils ?

Jusqu’aux jours où elle m’a fait prononcer les mots qui m’ont tellement bouleversé que j’en ai vomi dans la rue en sortant de la séance :

Et encore, dire que vous avez été maltraitée, c’est léger pour décrire ce que vous avez vécu.

Et c’est là que j’ai voulu tout arrêter. Je n’ai plus contacte avec mon père depuis des années, mais j’ai encore ma mère. Que j’aime. Malgré tout. Et même si je n’ai jamais été heureuse de ma relation à ma mère et de ma relation fraternelle, j’avais trouvé un compromis, une place dans tous ces dysfonctionnement où je pouvais exister, vivre, certes la tête dans le sable, mais vivre quand même.

Or là, je voyais tout en face.

Beaucoup (trop) de choses ont refait surface.

… merci

Ce qu’il y a de bien à avoir ouvert cette boite de Pandore, aussi violent fusse-t-il pour moi d’affronter mes démons, c’est que je peux enfin me défaire de mon cancer du bonheur. Un peu comme la chimiothérapie, parfois le traitement semble plus violent que le cancer lui-même et pourtant! J’arrive à communiquer à nouveau. PapaCrapouille et moi sommes encore plus proches qu’avant. Je sais que je protègerai mon Crapouillou encore mieux qu’avant. J’arrive enfin à laisser ma colère derrière moi et à pardonner à ceux qui m’ont fait vivre l’enfer sur terre. Mes comportements erratiques disparaissent. Mes peurs infondées s’envolent. Et je me découvre petit à petit une sérénité que je ne soupçonnais pas pouvoir connaître un jour.

Mes nuits sont encore ponctuées de cauchemars, le chemin est encore long, mais je suis sur la bonne voie.

Parce qu’être une jeune maman épanouie (ou presque!) c’est possible même en ayant eu une enfance baffouée.

Cette thérapie de couple qui m’a révélée à moi-même

Comme vous le savez, nous avons commencé une thérapie de couple suite à la naissance de Crapouillou et à un incident survenu alors que nous essayions de retrouver une intimité.

Je savais que nous allions recoller les morceaux, que nous allions mettre les compteurs à zéro, que nous apprendrions à mieux communiquer, que nous nous retrouverions. Ce que je ne savais pas, c’est que j’allais apprendre des choses sur moi.

Et je dois saluer ici la compétence de notre thérapeute qui a su aller chercher au fond de moi des choses qui étaient tellement bien enfouies que j’ignorais leur existence. Et ces choses étaient enfouies profondément car mon esprit avait décidé de les occulter pour pouvoir grandir et avancer dans la vie. Toutefois, même si ces souvenirs étaient rangés dans un coffre fort ultra sécurisé, ils étaient toujours là dans un coin de mon cerveau et me rongeait intérieurement depuis des années.

Ca m’aura pris 20 ans pour mettre des mots sur mes maux, mais depuis cette fameuse séance (qui s’est soldé par une soirée de larmes et 2 jours de jeûne involontaire tellement j’étais retournée) je me gère mieux : je suis moins à fleur de peau, j’arrive mieux à expliquer certains mal-êtres sans agressivité, je suis plus proche de Papa Crapouille qui me comprend mieux (lui aussi a été assez bouleversé), nous savons maintenant pourquoi je suis surprotectrice avec Crapouillou.

La contrepartie de cette ‘révélation’, de cette libération, c’est que j’ai aussi pris conscience de tout ce que j’ai pu faire de mal à cause de ces souvenirs enfouis qui me rongeaient. Ma colère contre tou-te-s mes ancien-ne-s ami-e-s s’est évaporée d’un coup. Du même coup j’ai réussi à pardonner à ceux-celles qui m’avait blessée. Cependant je n’arrive pas à me pardonner moi d’avoir pu blesser des personnes comme j’ai pu le faire. Même si maintenant j’en connais la source, j’ai trouvé l’explication de mes comportements destructeurs envers les autres, expliquer n’excuse pas.
Et autant pardonner aux autres a été facile une fois les maux expliqués, autant se pardonner à soi-même est une autre paire de manche …

Bref, cette thérapie de couple est quand même salvatrice. Au delà d’avoir sauvé mon couple, je pense qu’elle m’a sauvée moi. Maintenant il va falloir que j’apprenne à me pardonner et à laisser de côté mes automatismes destructeurs d’enfant blessé.

Parce qu’être une jeune maman épanouie (ou presque!) ça passe aussi par mettre des mots sur les maux du passé.

Maman et Papa, les retrouvailles ratées

J’écris cet article mais je ne sais pas si je le publierais.

Je voudrais parler d’un sujet sérieux, qui pour moi est passé de sérieux à grave il y a quelques temps.

Toutefois, avant de commencer cet article, je voudrais dire que PapaCrapouille est un homme formidable. Je l’aime de tout mon coeur et il m’aime de toute son âme. Crapouillou n’est pas le fruit du hasard. Il a été désiré et attendu. PapaCrapouille est l’homme de ma vie, mon âme soeur. C’est un homme d’une extrême gentillesse, d’une grande délicatesse, toujours prévenant, à l’écoute bienveillante et d’une honnêteté à toute épreuve ; un féministe qui ne supporte pas l’injuste ; un papa qui veille au grain ; un mari extraordinaire.

C’est pour ça que ce que nous avons vécu nous a tant marqué.

Quand on parle grossesse, maternité et accouchement, on en finit toujours par parler sexualité. PapaCrapouille et moi avions une vie intime que l’on peut qualifier de très épanouie avant que Crapouillou arrive. Nous parlions de tout, n’avions aucun tabou et étions plutôt en phase quant à nos moments câlins. Avec l’arrivée de Crapouillou beaucoup de choses ont changé. Pourtant nous étions prévenus. Nous avions tous deux lu beaucoup de choses à ce sujet, pour éviter justement le fameux « baby clash ». PapaCrapouille, très compréhensif, me laissait le temps de me réadapter à mon corps de jeune maman.

Seulement voilà, un jour, ça a dérapé. PapaCrapouille me dit qu’il a bien réfléchi, que notre couple bat de l’aile, et qu’il voudrait le sauver. Nous parlons beaucoup, tombons d’accord sur beaucoup de points à améliorer, reconnaissons nos torts partagés, notamment le manque de communication récent. Et puis, dans ce contexte d’ascenseur émotionnel, je sens bien que je lui manque, alors je le prends par la main et l’amène dans notre chambre. Crapouillou dort, la discussion m’a mise en confiance. PapaCrapouille est un peu surpris, mais heureux.

Mais voilà, nous ne sommes pas du tout sur la même longueur d’ondes.

Du tout. Du tout. Du tout.

Suite à ça, nous avons passé une semaine à faire chambre à part, à parler de se séparer, de divorcer.
Tout ça pour quoi ? Un incident, une fois.

Seulement PapaCrapouille et moi on s’aime pour le meilleur et pour le pire. C’était dur d’envisager ne plus vivre l’un sans l’autre. Alors, avant d’en arriver à une telle extrémité, PapaCrapouille et moi avons décidé d’entamer une thérapie de couple. Rien ne garantit que ça marchera, mais ça fait déjà un mois et la thérapie nous aide beaucoup. PapaCrapouille a réinvesti la chambre conjugale. J’arrive à nouveau à me blottir contre lui en confiance.

A vouloir aller trop vite, nous nous sommes fait beaucoup de mal. Alors je voudrais dire à toutes les futures et jeunes mamans : prenez votre temps et parlez! Quoiqu’il se passe, prenez votre temps et parlez! parlez! parlez! Un bébé ça change beaucoup de choses, notamment le rapport à son propre corps.

Voilà, j’espère avoir un jour le courage de partager mon expérience pour qu’elle serve à d’autres et vous permette d’éviter de reproduire nos erreurs.

Parce qu’être une jeune maman épanouie ou presque, ça passe aussi par son couple!